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Samedi 27 septembre 2003
La suite du voyage est fantastique, car jusqu’au soir, c’est
à dire AMIENS, la plupart de l’itinéraire se fait sur des chemins empierrés, parfois en herbe et le tout sinuant entre les prés, les champs
de betteraves à sucre ou de patates. De temps en temps, nous nous arrêtons, tellement le paysage est sublime, et je remercie la chance de nous permettre ce voyage.
Nous faisons très attention de ne pas gêner les attelages en les doublant, et souvent nous nous traînons derrière, en profitant de ce paysage d’un
autre âge. Il faut comprendre que si pour nous c’est un véritable plaisir, pour ceux qui autrefois effectuaient ce marathon commercial (puisqu’ils amenaient
le poisson à Paris), ces voyages étaient particulièrement éprouvants et dangereux.
BUIRE, VIRONCHAUX, FOREST, ABBEVILLE, SAINT RIQUIER, autant de villages aux
noms bucoliques et au charme d’un autre âge. Les relais se font parfois dans d’anciens relais ou sur des places. Le point commun de tous ces endroits, c’est
le monde fou présent, les yeux plein d’émerveillement et de tendresse. La plupart des anciens ont eu des chevaux de trait, ont travaillé avec. Ils
se souviennent de leurs bêtes et on voit de la buée dans les yeux de beaucoup de ces anciens. Pendant ce temps, les concurrents restent concentrés car tout
compte dans cette course : il faut se caler le plus près possible du temps idéal ; il faut mettre le moins de temps possible pour changer les chevaux et repartir
; il faut respecter les chevaux pour que les visites vétérinaires se passent le mieux possible.
Et puis c’est plus fort que nous. A la sortie d’un petit village, nous entrons dans un sous bois, zigzagant entre les nids de poules et les pierres pour finalement
déboucher sur un chemin surplombant des prairies encore vertes pour cette saison. On se croirait dans une photo de salon.
Les chevaux et les vaches nous saluent, étonnés de voir pétarader
une moto et encore plus de voir défiler des attelages qui les uns après les autres redécouvrent ces images d’un autre temps. Nous nous arrêtons,
décidés à prendre en photo la célèbre Sophie TALMAN, présentatrice de télé, qui est la marraine de cette Route du Poisson
et qui suit certains parcours juchée sur un attelage. Surprise : nous voilà les pieds dans l’eau, le chemin débouchant sur un gué, dans lequel
les chevaux s’engouffrent sans ralentir tandis que nous le franchissons au ralenti, sous les applaudissements de la foule. Quel succès !
Après avoir remontés plusieurs fois la colonne des attelages, et avant que les meneurs ne se lassent de nous voir aller et venir, nous partons devant eux en direction
d’AMIENS. La vitesse s’accélère et nous sommes de plus en plus enchantés.
De temps en temps, nous croisons Guy SIANO, qui suit cette course en voiture. Il est notre lien avec les lieux de changement des chevaux et il suit les événements
avec le gros de la troupe. Il faut relever la ressemblance qu’il y a entre le tour de France à vélo et cette course du poisson, en ce qui concerne la structuration
des étapes, le public massé sur les bords des routes qui applaudit les concurrents, la caravane des camions de chevaux, des voitures suiveuses, les flons flons
et l’odeur des saucisses et de la soupe à l’oignon dans les villages qui accueillent la course.
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