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ANNE MARIE DAUDE : SELLIER

Elle s’appelle Anne Marie DAUDE. Elle a 34 ans. Je la connais depuis tellement longtemps que j’ai l’impression d’une sœur.
Il faut dire que nous avons vécu pendant des années dans la même maison, et qu’elle s’est nourrie de toute une vie communautaire pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
Elle a appris également la vie des troupeaux car l’association grâce à laquelle nous vivions en groupe gérait plus d’une cinquantaine de chevaux de propriétaires : "je suis née avec le virus du cheval. J’ai été livrée avec, en quelque sorte".

Elle a des parents (et des grands parents) pharmaciens, qui habite Belin Beliet, en Gironde, mais c’est sa petite sœur qui prend cette direction professionnelle. Elle, elle peut avoir mal au dos, et comme le disent les médecins, c’est incompatible avec l’activité équestre. Elle attend donc d’avoir 15 ans pour commencer à monter à cheval dans un petit club de campagne : "En fait, au lieu de me faire mal, monter à cheval m’a permis de m’assouplir, et de m’éviter un possible mal au dos".

Elle passe des étriers et des éperons (actuellement des galops), et s’initie aux promenades en extérieur. Elle est déjà perfectionniste et décide de changer de lieu pour aller plus loin dans le dressage. C’est donc à la SHN de Talence (Gironde) qu’elle continue à passer des examens jusqu'à galop 6 actuel. Elle a 20 ans.
Elle rencontre Guillaume ANTOINE, bien connu dans la région, qui s'installe à Andernos (toujours en Gironde). Elle continue de progresser et s’ouvre à toutes les disciplines équestres : "Il me disait qu’il fallait être très ouvert car toutes les équitations sont bonnes, garder l’œil ouvert et beaucoup pratiquer ".

Elle a 20 ans. Elle passe un bac technique de comptabilité, puis elle entre en fac de géographie. Elle passe sa licence. Elle travaille bien les langues, anglais et allemand, et rêve à l’Amérique et à ses grands espaces. L’opportunité se présente d’un stage de 6 mois à Göttingen (Allemagne) pour faire un maîtrise de géographie mais elle est lasse des études et arrête l'année suivante.

Elle fait une première randonnée au cours de l’hiver 1985, suivie de plusieurs autres au fil des années. Elle achète sa première selle de randonnée, mais décide de rajouter des pièces en cuir.
Pour ce faire elle va voir une amie, Cécile, sellier / bourrelier, qui lui propose de les fabriquer elle-même dans son atelier. C’était pas si mal !
Elle a donc continué et Cécile, quelques temps après, lui propose de travailler avec elle dans l'atelier. C’est ainsi qu’elle commence à créer de vrais objets en cuir.

"A ce moment là, ma vie dans le cheval a vraiment explosée. Je me suis occupée des chevaux de l’association Confluence, des réparations du matériel équestre et de l’encadrement des randonnées pour adolescents dans le médoc. J’ai passé le guide de randonnées équestres de la FREF (1995) fédération dans laquelle j’ai assuré le secrétariat pendant des années. Cela m’a amené à fréquenter les salons spécialisés, et à y vendre des objets en cuir".

C’est en 1991 qu’elle achète son premier cheval, Ugo du Bouscaton, surnommé Léon. Au printemps 1999, sur un coup de tête, elle s’arrête chez Forestier (fabricant de selles), et lui présente un press book de ses créations. C’est ainsi qu’elle se retrouve dans les ateliers de cette marque de prestige, ou elle coud à la main. Elle y restera 13 mois. Entre temps, elle décide de faire un stage d'équitation américaine à King Valley en novembre 1995 et y rencontre Grégory Legrand spécialiste de cette discipline. C’est lui qui l’appelle un jour, (ils sont devenus copains) pour l’inciter à se présenter chez un importateur qui cherche des selliers. Le premier juin 2000 elle y part et obtient le job.

«Pour travailler dans le cheval, il faut avoir une bonne dose de passion. Pour faire le métier de sellier, il faut s’accrocher et être cavalier. Le mieux aujourd’hui serait de passer par un CAP, mais la formation manque cruellement de pratique. Un stage chez un ou plusieurs professionnels est le meilleur moyen de se confronter avec la pratique du métier. En tout cas, c’est le plus beau métier du monde, fait de créativité, et pour ce qui me concerne, au sein de mon entreprise allemande, un lieu de très grande liberté».

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