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JEAN YVES BONNET : HOMME DE CHEVAL

Il s’appelle Jean Yves BONNET. Il a 70 ans mais vraiment, cela n’a pas d’importance.
D’abord parce qu’il ne les fait pas. Je viens de le voir à cheval faire des joutes de chevalerie et on voit bien que l’âge légal ne correspond pas à celui des artères. Il a du tomber dans un tonneau de DHEA quand il était petit. Ensuite parce qu’il possède autre chose en lui. Un espèce de don de soi qui lui confère un aura particulier.

Inutile de dire qu’il est à la fois un acteur incontournable du monde équestre mais aussi qu’il en est la mémoire tellement il a fait et vu des choses de l’art.
A 4 ans déjà, les animaux le passionnent. Ses parents tiennent une auberge. Nous sommes en 1930, et c’est l’époque du cheval roi. Tous les travaux de la campagne se font avec eux. Il y a des vaches également qui travaillent mais les voyages au marché ou dans les villes se font en attelage : "Je me rappelle que lorsqu’on labourait, on chantait. On se répondait de champs en champs. On y jouait également de la musique, avec un instrument qui ressemblait à une cornemuse, la cabrette."

Son grand père était un peu sorcier. Il soignait les gens et les chevaux. C’était comme un rebouteux. Il était sourcier également. Il lui a donné le goût (le don ?) des autres. C’est certainement cela qui lui a donné envie de soigner les animaux. Il a appris l‘équitation de base avec ses copains à l’école du village, car leur grand jeu c’était de jouer au cheval. Ils s’attelaient, marchaient au pas, au trot ou au galop».
"J’ai vite compris qu’il fallait être leur ami si on voulait qu’ils nous comprennent. En réalité, j’ai fait ma première éducation avec les chevaux, mais aussi avec les oiseaux, les animaux de la foret, les poissons. On habitait, et j’habite toujours à Salmiech. J’ai toujours pensé qu’il valait mieux être « un loup maigre » chez moi, dans cette terre de liberté. Vers 17/18 ans, Je suis passé par le CREPS ou je suis devenu maître d’éducation physique. Pour moi l’activité physique, c’est autre chose que la seule gymnastique. C’est une prière du corps, un acte de générosité envers les autres".
Il est très « physique », et il pratique presque tous les art de combat. Evidement, il monte à cheval, et a 20 ans, il est le seul dans le département à posséder un cheval de selle. Il est parachutiste et part à Saumur comme élève sous maître. Il apprend le coté rigoureux de l’armée et l’art de l’équitation. Il entre dans le monde du travail et enseigne l’équitation au haras de Rodez. Il est un des fondateur de l’ANTE et a toujours milité pour le tourisme équestre. Il fait de la voltige et fait naître la voltige en ligne. Il participe à la création de l’endurance.
"Dans une époque ou rien n’existait (nous sommes dans les années1950), j’ai beaucoup participé à la promotion des activité liées au cheval. J’ai d‘ailleurs été le porte parole du conseil général pendant des années. Je n’était pas très bien vu de la haute, et j’ai entendu de certains : depuis que les manants montent à cheval...".
Il est passionné par la haute école, mais ne méprise pas les randonneurs. Toutes les formes d’équitation ont grâce à ses yeux, du moment que c’est bien fait dans les respect des animaux. "Il faut que le cheval ait envie de travailler avec son cavalier, sinon il cherchera à s’en débarrasser. Pour cela, il faut lui parler, lui communiquer vos désirs. C’est pour cela que le langage des aides est primordial". Il élève des chevaux de loisirs , ce qui n’est pas très bien vu pour l’époque. Il croise des chevaux barbes ou espagnols avec des arabes.

Il élève également des vaches mais pas longtemps. Il est très copain avec les camarguais et participe au pèlerinage des Saintes Marie de la Mer. Il imagine alors une grande randonnée, reprenant le voyage des caravaniers du sel. Son idée est de partir de Salmech vers Aigues Morte : "Cela se faisait depuis longtemps et le village en porte le nom (sal = sel et miech = milieu). En fait on descendait des matières première, bois et animaux, et on remontait du sel et du vin". Jacques PRADEL est le premier parrain et cette année sera la 18 ième édition. Il présente des spectacles de chevalerie, mais pas seulement pour faire rêver les gens.
C’est sa façon de défendre l’idée des chevaliers et de l’équitation du moyen âge, car pour lui, quelqu’un qui monte à cheval et qui le mérite n’est pas un cavalier, mais un chevalier "c’est le cheval qui fait le chevalier. Il faut qu’existe une vraie communion antre eux".

Depuis 5 ans il enseigne l’équitation dans un lycée agricole, à Vaxergues. C’est presque une nouvelle vie. "Les jeunes sont super et ce travail me passionne".
"Pour ce qui est du métier, il faut dire que l’équitation ce n’est pas le stylo, mais la fourche. On se doit de dire que ce n’est pas rentable mais que le travail avec les chevaux c’est une véritable communion avec la nature. Et puis, malgré que les jeunes partent et que les campagnes se vide, vivre avec des chevaux, au milieu d’autres animaux, c’est vraiment extraordinaire".

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