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Cheval passion - cheval frissons

Mazette quel spectacle ! ! ! ! ! ! ! ! !

Le matin même, je discutais avec un «collègue» journaliste et je lui disais que nous finissions par être blasés d’avoir vu tellement de spectacles.
De Bartabas à Marc IMBERT, en passant par la garde républicaine ou les haras, on a l’impression d’avoir tout vu. Résultat, tout est moyen. Nous voilà donc partis pour un spectacle moyen, malgré les bons échos que l’on a eu des premiers jours (générale et spectacle du jeudi). J’en avais vu quelques images sur la vidéo faites à la générale et qui ne paraissaient pas si mal. Mais bon, lé télé c’est petit, et l’angle de la caméra est plus limitée que celui des yeux.

Nous voilà donc assis dans l’allée réservée aux « journaleux », les copains photographes fourbissants leurs appareils photos et moi j’ai ouvert mon calepin, prêt à mettre des notes sur chaque prestation. En fait, c’est ma technique : je présente les numéros et je note les frissons. La lumière enfin s’éteint, et la féerie s’enclenche. Il est à peu près 21 heures.
Ce sont des voltigeurs «Eshimbekov» qui viennent tout droit du Kurdistan. Ils entrent sur 4 postes hongroises, (meneur debout sur chaque attelage de deux chevaux). C’est bien fait, mais sur l’échelle des frissons : 3 étoiles. On a déjà vu donc ou va pas se relever la nuit. D’un seul coup je me réveille. La suite des événements change la donne : une « gueules », une énergie folle, une aisance à cheval incomparable. Il tourne dans un mouchoir de poche, mais il ne perde pas une seule minute (frissons 4 étoiles).
Et puis les filles sont magnifiques.
Les amazones des haras nationaux entrent en scène, belles dans leur tenue et souples sur leur selle à corne, mais évidemment, et comme je le disais précédemment, on les a déjà vu. C’est classieux et de très bonne qualité esthétique. La sonorisation est super propre, la lumière va bien et l’harmonie entre les chevaux et les sons est parfaite (frissons 3 étoiles).
La troupe Amarok, c’est une chorégraphie entre le théâtre et le spectacle équestre. Variation entre le blanc et le noir, une cavalière montée en croupe sur chaque cheval, les gestuelles et la musique se marient.
L’innovation c’est le fait que les passagères quittent le cheval et dansent sur des échasses. C’est très nouveau pour nous, les aficionados des crinières d’or (frissons 3 étoiles).

Les amazones qui suivent, sont des cavalières mais pas des amazones puisqu’elles montent sur des selles normales. Elles entrent une par une, accompagnées à chaque fois par un musicien différents. D’abord un violon puis un guitariste, puis un autre violon et un dernier guitariste. C’est sympa comme tout et évidemment de haut niveau équestre. Les musiciens sont ovationnés (frissons 4).

Olivier BOUTAUD effectuent avec son cheval « Night and day » une doma vaquera traditionnelle. La nouveauté réside dans le fait que deux danseurs effectuent des variations, les gestuelles des uns se fondant dans celles des autres. Evidemment, l’art de la doma n’est pas une nouveauté et c’est la raison pour laquelle il n’est pas facile de s’enthousiasmer. En tous cas c’est bien fait (frissons 2).

Caracole ce ne se présente plus. Ce groupe de voltigeurs, cascadeurs, cracheurs de feu, musiciens, donnent le top de l’éveil. Ca va vite, les chorégraphies sont inédites, et la nouveauté est le cerceau de feu, tout ce travail étant rythmé par des percussions (frissons 5).
Gilles FORTIER, c’est mon préféré. Il a une allure folle, un port équestre hors pair, une aura unique. Sa fille est jolie comme tout et avec grâce accompagne le travail qu’il effectue avec son cheval Arésio. C’est très poétique, et Virginie Fortier réussit à occuper l’espace avec maestria. On ne se lasse pas (frissons 5).

Magali DELGADO est l’élégance incarnée. Bizarrement, c’est l’année des percussions et son numéro entre dans cette catégorie musicale. En plus, les autres instruments nous emportent vers des cieux exotiques avec des mélopées lancinantes et le sons cristallins des bambous. Le travail à cheval est sans reproche. Il y aura beaucoup de dressage en réalité dans ces crinières d’or 2002 (frissons 5).
Charlot, je l’avais déjà vu à Lyon (équita’Lyon) dans l’animation d’une carrière. Le montage de ce numéro qui mêle les artistes et le public, puisque Joël CHACON démarre son spectacle dans les gradins. Il y démontre ses capacités d’acrobates et de cavaliers. Enfin, il va chercher un quidam dans la foule (en fait sa femme) et il lui donne la frayeur de sa vie, au grand galop sur la piste et en poussant de grands cris d’effrois. Jusqu’au bout on croit qu’il martyrise un spectateur. Le public ne s’y trompe pas (frissons 3).

La Garde Républicaine se découvre (dans tous les sens). Ce sont des gendarmes (donc des militaires), et on a l’habitude de les voir rigides dans leur magnifique costume. J’avais eu la puce à l’oreille au spectacle de Paris (salon du cheval), ou par dizaines les cavaliers s’étaient retrouvés au milieu de la piste dans un carrousel inédit, accompagné de la fanfare de la garde (du jazz). Sur un pas de trois réglé au millimètre, au son d’une partie de la fanfare résolument « jazzy », l’instant est féerique. Ha , ces nouveau militaire ! (frissons 5 ).

Frédéric PIGNON, en plus d’être hyper sympathique, est doué d’une qualité technique importante. Il fait de ses chevaux ce qu’il veut, grâce à des mains, des jambes et une assiette hors du commun. Mais ce n’est pas tout. Il dialogue avec ses chevaux. Et on le voit alors en tandem en haute école, ou le premier cheval n’a rien dans la bouche. Tout est fait tellement au rythme que les deux chevaux sont dans le même tempo. Et quel sourire, quelle joie de se produire pour nous.
Le final est digne des meilleurs numéros de cirque : il joue avec son cheval, à la voix.
Attention, tout cela n’est pas factice. Le dernier jour, Frédéric a reçu un coup de sabot. Trop près, trop confiant. Heureusement sans gravité (frissons 5).

Renaud VINUESA et ses juments camarguaises font le final. Tout un troupeau qui ondule, se ramasse, virevolte à droite ou à gauche selon la pression des gardians. C’est du travail d’artiste. Pas une erreur, pas un faux pas (frissons 3).

On peut dire que c’est un beau spectacle. Bravo à Maurice GALLE

   
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