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Michel PAYAN : Vétérinaire

Il s’appelle Michel PAYAN. Il a 50 ans.
Je ne l’ai pas rencontré sur le terrain mais dans un forum des métiers du cheval.
Le salon «Cheval passion» joue le jeu de la filière professionnelle et il propose à tous les jeunes de découvrir des spécialités liées au cheval.
Voilà pourquoi me voici en présence de ce vétérinaire expérimenté et reconnu on comprendra rapidement pourquoi. On peut s’estimer heureux d’avoir un vrai véto, qui veuille bien répondre car ils sont plus souvent au chevet des animaux malades qu’entre les mains d’un journaliste.

Il se découvre la passion du cheval dés l’âge de 10 ans. Il monte en club et ca lui plaît. A tel point qu’en plus de passer les examens (des degrés à l’époque), il participe aux compétitions de CSO juniors au cours desquelles il fait des résultats assez honorables. En fait le virus le rattrape en Camargue ou il fait sa première promenade. Il n’arrêtera jamais ce contact puisqu’il fait le relais entre sa passion de la monte et celle des soins. Il obtiendra son deuxième degré à l’âge de 14 ans. Son bac C (science) il l’obtient à l’âge de 17 ans après des études aussi honnête que celles de l’équitation : «j’avais déjà décidé de faire vétérinaire quoique ce ne soit pas si bien vu car dans ma famille tout le monde est médecin».
«docteur des biquettes», disait sa tante avec un rictus de désaccord. Pourtant c’est dans cette voie professionnelle qu’il s’engage, en se disant que si cela était trop dur, il avait toujours la ressource de devenir docteur des gens. C’est que le métier de vétérinaire n’est pas accessible si facilement. Il faut passer par un concours qui est tout sauf facile. Un an de préparation dans un lycée spécialisé et le voilà parti pour 4 ans d’études. Le premier pas est franchi, mais il va falloir tenir : 10% seulement d’étudiant réussissent et vont jusqu’au bout : «j’étais sursitaire et donc j’ai choisi de partir à l’armée à la fin de mes études. J’ai pu partir y faire une année professionnelle. J’avais 22 ans. J’ai alors fait le choix de m’orienter vers la formation plutôt que de m’installer. J’ai passé le concours d’enseignant et je suis resté maître assistant pendant 4 ans à l’école vétérinaire de Lyon».

C’est pour lui une grande expérience, car la recherche y est fondamentale. Il y reste jusqu’en 1978. L’humain est ainsi fait, qu’il lui faut changer et faire des expériences nouvelles. Il s’installe à Marseille. Il pose une plaque devant sa porte et il se fait une clientèle. Peu à peu il se spécialise dans le cheval et on le voit de plus en plus souvent sur les chemins et dans la campagne soigner les bêtes. Aujourd’hui il est connu dans toute la région (et ailleurs) et il a créé une petite clinique : «les temps ont changé. On gagnait très bien sa vie il y a 20 ans. Aujourd’hui, les clients (consommateurs) sont devenus plus exigeants, le coût de la vie a augmenté mais pas les tarifs. Cela oblige à travailler plus, parfois à s’associer avec d’autres pour créer des cliniques plus importantes».

La formation est différente actuellement :
5 ans de formation plus 1 an comme assistant chez un professionnel et la soutenance d’une thèse. Evidemment c’est toujours aussi dur, d’autant plus qu’il faut faire le tri car sur les milliers d’étudiants seulement quelques centaines deviendront des professionnels en exercice «si un jeune est amateur des pieds dans la boue, les yeux rougis par les lectures des documents techniques, passe des heures en voiture et beaucoup d’autres au travail et que ca lui convient, pas de problème c’est ce qu’il doit choisir. En tout cas, c’est une vie à créer de toute pièce»

Mais il faut dire que tout cela n’est pas fait pour empêcher quiconque de choisir ce métier, puisque lui-même n’en changerait pas. Il faut dire également que des spécialités semblent se dégager : dentiste équin, ostéopathe, kinésithérapeute équin. Cela permet de rappeler que tous ces métiers actuellement exercés par des non vétérinaires sont illégaux. Eux seul ont le droit de soigner des animaux.

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