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Il s'appelle Claude DURAND. Il a 44 ans.
Il n'est pas arrivé dans son métier
par le cheval mais le contraire. On sent, dès la première rencontre, qu'il est passionné par ce qu'il fait, ce qui signifie que l'on est toujours bien
accueilli. Il a également le génie de l'inventivité comme d'autres ont le sens des chiffres ou des lettres : "Nous sommes des paysans
mais mon père a toujours inventé des choses pour les besoins de la ferme. Pour l'exemple, il était éleveur de porcs et il a inventé un système d'ouverture
automatique des portes pour les nourrir. Il a créé ainsi une multitude d'objets et il m'a donné son virus".
Il entre en apprentissage à l'âge de 13 ans et demi comme mécanicien agricole. Au bout de 4 ans, il sort avec un CAP. Il entre alors dans une ferme
comme ouvrier agricole pendant 2 ans. Il suit une formation de spécialisation de travail en série et technique de soudure sur gabarit. Il travaille chez JOURDAIN
à la construction tubulaire pour la contention des animaux pendant 1 an. "Je me suis mis à mon compte, j'avais 22 ans. J'ai commencé
par travailler en sous-traitance pour mon ancien patron. J'ai eu jusqu'à 28 salariés, et puis un jour, ce fut le "bouillon".
C'est ainsi que j'ai appris à mes dépens que je n'étais pas fait pour la gestion".
Il travaille depuis pour le compte d'un patron, Christophe ROGER, qui gère une entreprise de fabrication de voitures hippomobiles et qui est issu des métiers
du bois. CAP, BEP, BAC Pro puis BTS "productive bois".
La particularité de cette entreprise réside dans le fait qu'elle crée de facon originale tous ses modèles et propose à la clientèle de créer les modèles selon
leur propres souhaits. La spécialité de la boutique c'est à 95% les attelages pour chevaux lourds.
Pour en revenir à Claude DURAND :
"Je n'étais pas cheval avant de commencer à travailler sur les voitures. Ma première fabrication fut un sulky Shetland et je n'ai plus
arrété. j'ai appris sur le tas, en écoutant les anciens, puis j'ai fait des compétitions de chevaux de trait avec Jean Pierre BARRE (en limousin) avec 4 Boulonnais.
On a gagné à chaque fois. Il faut dire que cela m'a beaucoup aidé à comprendre les points de faiblesse et de rupture des voitures". Il possède une
paire de postiers Bretons de 6 ans, qu'il attelle pour son plaisir car depuis il ne pratique plus la compétition. "Le milieu est pourri.
La compétition, y compris dans les lourds, devient trop "snob". Je préfère la chasse, car je suis un vrai mordu".
Il chasse le sanglier dans la Marne, avec ses 14 chiens, toutes races. Il en a tué cette année 76. Pour ce qui concerne sa passion-boulot, se pose un vrai
problème : il n'y a plus de serruriers. Il y a beaucoup de travail, parfois 6 mois d'attente, mais pas d'ouvrier qualifié ou d'apprenti motivé voire pas d'apprenti
du tout. Il faut dire que si l'on gagne bien sa vie, on ne compte pas ses heures.
"Il n'y a plus beaucoup de gens courageux. C'est dommage car c'est un métier interressant. Il faut être passionné par le travail du
fer. Si l'on pouvait produire davantage, on vendrait plus de produits francais et on passerait moins de temps à réparer les roues des autres. A ce propos,
j'ai inventé un appareil hydraulique qui permet de sortir et replacer les bandages de roue, en fer ou en bois, sans effort et sans abimer les jantes. En fait,
c'est un appareil à sertir. Pour finir, je peux aujourd'hui, dire que je ferais ce travail à vie. C'est mon choix".
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