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| Virginie ROHR, EMPLOI JEUNE -ANIMATRICE REGIONALE DE RESEAU |
Elle s'appelle Virginie ROHR. Elle a 24 ans. Elle fait partie de ces "jeunes" qui ont
tout compris. Elle va sur un chemin aléatoire, avec des idées réfléchies mais non figées. Elle voulait travailler dans le cheval, mais elle a saisi que la vie
dans le troisième millénaire ne souffrait pas de rigidité, qu'il fallait prendre les choses avec philosophie. Le cheval oui, mais pas d'emploi basique, mal payé
ou exploité. Et déjà une expérience de la vie professionnelle extraordinaire.Elle a 15 ans quand elle entre dans le lycée agricole de Saint Germain en Laye pour des études générales, option agricole. Déjà, elle fait des choses : "je monte à cheval depuis l'âge de 9 ans, et lorsque je suis entrée au lycée j'avais le galop 7. En plus, on avait la chance d'avoir un centre équestre associé au lycée, et dans ce cadre je m'occupais d'une association qui accueillait les chevaux réformés". C'est en Bourgogne qu'elle fait deux fois la même seconde car pour avoir accés à l'option du bac D' (biologie animale et agronomie) il fallait avoir un niveau suffisant. Malheureusement cette option n'existe plus. Elle entre donc en formation BTA polyculture et élevage qu'elle obtient. Dans son idée, elle devait entrer en formation monitorat dans le cadre d'un BTS Hippique : "Pas de bol. C'était la dernière année. Alors j'ai entrepris un BTSA production animale module équin. J'ai eu une bonne note grâce au rapport de stage que j'ai fait sur les affections ostéo-articulaires. En fait j'ai effectué ce stage à l'école vétérinaire de Maison Alfort avec le professeur Jean Marie DENOIX. Comme tout le monde faisait des rapports sur la reproduction, le mien est bien passé". Ce rapport s'appuyait sur une étude faite par Maison Alfort sur un élevage appartenant à Monsieur THIROUIN sur 5 ans. Et puis la galère commence. Elle a 20 ans. Elle veut faire une maîtrise de science et technique en production animale. La formation est sur deux ans mais le dossier est refusé. Explication : un BTSA est une finalité d'emploi et pas une poursuite d'étude. Vous avez choisi cette filière il faut aller jusqu'au bout. "De rage", elle se tourne vers la fac et débute une formation DEUG de bio. Mais il y a trop de physique chimie et elle ne suit pas. Au bout de trois mois, fin de l'histoire. C'est le début des petits boulots en intérim. Elle devient hôtesse standardiste. Retour en Bretagne. Elle envoie plus de 600 lettres et reçoit 2 réponses d'entretien. "Après 6 mois de galère, je rentre comme chargé de mission au Comité Départemental de Tourisme Equestre de Mayenne grâce aux chèques insertion. Je suis alors payée par la région (2500 F par mois). C'est une expérience super. Mon travail consiste à m'occuper des chemins de randonnées, du développement du tourisme équestre, la lettre trimestrielle, les salons, équirando.Mais les bonnes choses ne durent pas toujours". Retour à l'intérim et embauche dans une usine de téléphones portables (travail de nuit). Cette confrontation avec la vie de l'usine a été très positive. En même temps, je commençais les cours pour obtenir le tronc commun de BEES1. A la fin de l'histoire chèques insertion, un dossier emploi jeune est constitué avec la comité de tourisme équestre. Il est accepté par le Conseil Général mais refusé par la Jeunesse et les Sports. Entre temps, suite à une annonce, Virginie passe un entretien avec la Fédération Nationale du Cheval (FNC), qui est positif et le même jour elle reçoit la réponse pour son embauche au CDTE : c'est d'accord. Le dossier est passé. "J'ai choisi la FNC, car cela correspondait davantage à mon profil. C'est également un emploi jeune, donc pour 5 ans avec le poste d'animateur régional de réseau. Mon salaire est de 120% du SMIG et le travail passionant. En fait on dit qu'il faut 3 ans aprés les études pour trouver quelque chose. Cela s'est vérifié. Il faut dire aux jeunes que j'ai eu beaucoup de chance car il n'y a pas beaucoup de débouchés dans certains métiers du cheval. Je pense que je pourrais trouver un avenir professionnel dans le tourisme rural. Il faut dire aussi qu'on ne peut pas s'installer avec 0 F, que palefrenier n'est pas un métier suffisant et peut rester qu'un travail de nettoyage ainsi que de faire moniteur jusqu'à 40 ans, ce n'est pas évident. Il ne faut pas se décourager, et si ça ne convient pas il faut parfois changer son fusil d'épaule". |
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