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 Eric ALLAIN - ELEVEUR AMATEUR DE CHEVAUX BRETON
 Claude ALIC - CONSTRUCTEUR ET LOUEUR DE BOXES A CHEVAL
 Claude DURAND - FABRICATION DE VOITURE HIPPOMOBILE
   Carine DELBAERE - ANIMATRICE-COORDINATRICE AU SHERPA
 Serge FAUCET - ELEVEUR AMATEUR - CHEVAL DE MERENS
 Virginie ROHR - ANIMATRICE REGIONALE DE RESEAU

Claude Alic, CONSTRUCTEUR ET LOUEUR DE BOXES A CHEVAL
 
Il s'appelle Claude ALIC.
interviewsIl a 78 ans mais il ne veut pas qu'on en parle. Et c'est dommage car il est magnifique. Comment peut on avoir vécu ce qu'il a vécu et rester si jeune, si combatif, si inventif.
Le temps n'a pas de prise sur certaines personnes et franchement ça donne du baume au coeur.
Quelle leçon pour tous ceux qui se lamentent de la vie.
Il est donc né en 1923 et chacun se souviendra que les temps étaient durs.
Entre le guerre de 14/18 et celle de 40/45, il fallait avoir une bonne dose d'espoir pour trouver sa place.
Il passe son bac, scientifique et mathématique, et il l'obtient à l'âge de 18 ans. Il veut être officier de navigation au long cours et il entre dans une école à Paris.
Malheureusement, c'est la guerre et pend sur lui la menace du travail obligatoire en Allemagne. Il rejoint la zone libre et entre dans les chantiers de jeunesse.

"Je suis resté un an, ou j'ai fait divers travaux comme couper du bois. Puis les allemands ont occupé toute la France et les chantiers ont été fermés. Je suis allé travailler à Tulle dans une usine d'armement. Un soir, lors d'une raffle, j'ai été arrêté en compagie de 50 autres personnes. La nuit, j'ai réussi à m'évader par un soupirail. J'ai appris peu après que tous les autres avaient été pendu".
Il fait divers boulots, dont formateur dans une école à Trois. Il est mobilisé et part à l'armée.
Il a 24 ans. Il part dans les blindés et suit les cours de sous officier à Saumur. Normalement, il ne pouvait être pris car il fallait le permis de conduire : "je leur ai dit que je l'avais et ça a marché. Du coup me voilà le lendemain à conduire une chenillette. Autant dire que les passagers n'avaient qu'à bien se tenir".
Il fait alors un stage d'officier de la cavalerie et devient sous-lieutenant. Il quitte l'armée mais il emporte avec lui un virus insoignable : celui des chevaux. Il travaille alors pour un épicier en gros, et enfin pour une entreprise de bonneterie. Il créé sa première boutique d'informatique, assurant la gestion du travail à façon, le vend à IBM et revient dans la bonneterie et part chez Monsieur PETIJEAN, spécialiste de l'éclairage privé et public.

La chance de Claude ALIC, c'est que son patron achète des chevaux : "Il part au salon de l'agriculture pour acheter des mangeoires à sanglier, car il voulait les installer dans une propriété qu'il possédait.
En fait, il est revenu avec 6 pouliches Haflinguer et l'année après 2 poulinières et un étalon. Il part directement en autriche et ramène encore des poneys puis il me demande à la fois de m'occuper des animaux présents et d'aller en acheter d'autres.
Je reviens avec 100 animaux. Dans la foulée, je participe pour lui au salon du cheval avec tout un lot d'haflinguers et c'est la première fois que je loge des chevaux dans un salon (dans des paddocks puisqu'il n'existe pas de boxes démontables)
".

Les boxes démontables n'existent pas, mais il les invente. C'est alors le début de l'entreprise "Locaboxe".Il demande à son maréchal ferrant de les construire. Ils sont lourds et farcis de défauts. Monsieur Claude LAHAYE, patron du salon du cheval lui demande de mettre 50 boxes sur le salon.
C'est le début d'une aventure qui continue de fonctionner. Comme c'est un personnage imaginatif, il invente des boxes automatiques, qui se déplient. Il suffit d'une grue pour lever l'ensemble et le tour est joué.
Le progrès vient à son secours, et il change le bois contre du polyhétilène, après avoir trouvé ce produit déja utilisé par un belge.
C'est plus léger, ca brûle mais ca ne fait pas de vapeur toxique. Il en possède aujourd'hui 500, qu'il loue ou qu'il vend d'occasion.

"Je reconnais que ce que j'ai fait n'était pas toujours trés rentable. En revanche, je me suis toujours amusé. Ce qui était important c'est de rester dans le monde du cheval (il est éleveur amateur de chevaux anglo)
En fait, malgré d'autres activités professionelles, j'ai continué à monter à cheval, dans le cadre sportif. J'ai même tenté, lorsque j'ai été à la retraite de me promener tous les jours autour de chez moi. Je me suis vite ennuyé. Si on aime ca, il faut rester dans le cheval et savoir que les relations personnelles compte pour beaucoup".
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